Nous utilisons des cookies pour les statistiques (Google Tag Manager et Google Analytics). Vous pouvez accepter ou refuser.

Esport au Cameroun : Quand le Gaming rencontre nos mentalités
Retour aux actualités
Communauté
27 mai 2026
BYS Media

Esport au Cameroun : Quand le Gaming rencontre nos mentalités

C'est aussi à ces survivants de tirer les autres, qui n'ont pas eu la chance de baigner dans la lumière des écrans des jeux vidéos.

Rêve d'enfants... Ce titre de chanson a une ampleur plus grande qu'un simple titre de chanson dans un album de Shym, qui a cartonné il y'a de nombreuses années. Ces deux mots peuvent aussi traduire la mort de ces rêves pour certains humains qui auraient fait d'excellents vainqueurs de tournois, mais qui n'ont pas eu la chance de posséder des consoles ou d'avoir des parents assez ouverts pour laisser couler en eux la passion du Gaming.

La naissance d'une passion

Mes très chers amis lecteurs et Gamers, il n'y a pas si longtemps, on échangeait sur nos différentes entrées dans le monde du gaming -et je le soulignais alors- chacun a son vécu. Cette flamme a frayé son chemin dans chacun de nous à sa manière.

Pour ma part, c'était après une visite, un dimanche après-midi, après le repas en famille -au retour de l'église- j'avais grillé tous mes points de bonne conduite auprès de ma mère pour une visite où la piraterie serait au rendez-vous chez mon ami. Notre journée, qui aurait dû se finir avec des débats sur la mort d'Ace, a viré vers un apprentissage de l'utilisation du chakra avec son grand frère qui avait reçu sa PS2 flambant neuve comme récompense pour son examen validé.

Et depuis ce jour, le 2 a été remplacé par le 5 et j'ai bien fait de déposer ma manette sans fil pour vous conter cette histoire.

Je ne pourrais malheureusement pas, me pavaner devant vous avec la fierté que ce soit mon père ou ma mère qui m'est initié au monde du Gaming, mais les expériences, bien que différentes, restent unique à son porteur. L'important est que nos esprits se soient retrouvés dans ce monde régi par les entraînements, les tournois et bientôt les lunettes -ne restez pas trop longtemps devant vos écrans...

Si beaucoup espéraient que leurs parents puissent aussi leur infliger la punition de rester 17h devants leurs consoles, d'autres n'ont pas été aussi chanceux de voir naître en eux cette passion qui nous unit aujourd'hui au sein d'une même communauté.

La dissonance culturelle

Si l'évolution de ces dernières années, donne plus d'accès aux technologies à notre jeunesse, ce n'était pas le cas durant une longue période. Cette période où la perte de temps -comme le disait nos parents- était un fléau de classe S. La simple énonciation d'un jeu vidéo était un aller simple pour une série de saints jurons sur l'inutilité de ces derniers. Quand d'autres versaient des camions d'effort dans l'obtention d'un concours ou d'une bourse à l'étranger, vouloir s'attarder sur les jeux vidéo étaient vendre son avenir au plus offrant, et pour certains parents, cette équation n'avaient pas lieu d'être.

La culture, qui valorisait l'effort scolaire, la réussite aux concours et l'admission dans les grandes écoles ou entreprise, dictait la marche à suivre pour tous les jeunes -aux portes de la maturité et en bas âge- pour un avenir saint. Et son efficacité l'encrais encore plus profondément dans les esprits. Le Game changer fut l'ouverture médiatique sur ce qui n'était pas connue.

L'avancée technologique n'était pas une aubaine uniquement pour les entreprises, qui s'en servait pour booster leur activité, mais aussi pour les jeunes qui pouvaient enfin voir à quoi ressemblais ces adultes qui avaient perdus leur temps derrière des manettes. Sauf qu'ils étaient dans un écran, à un événement d'une ampleur internationale, mais oui toujours derrière une manette. Cette ouverture sur le monde a prouvé que ce qui était encore paria dans certains pays avec un fort retard technologique pouvaient évoluer en une fierté, si les bons canons étaient suivis.

Cette nouveauté soutenait ainsi le côté des parents qui avaient permis à leur enfant de continuer sur cette voie, bien sûr, avec la garantit que les jeux vidéo ne soient pas un obstacle aux études, et le contrat d'avoir des bonnes notes sous peines de voir la console retiré. Cette confiance a ainsi permis la naissance de nos Top 1 que nous connaissons sur les scènes locales et nouvellement internationales à l'image de Belserion et Karl.

$/£/XAF ?

La pensée ne peut être seule accusé de la mise en cellule de l'esprit de Gamer chez nos jeunes frères. Des fois, la volonté est maîtresse dans l'avancée sur cette route où l'entraînement est la clé pour la maîtrise de la majorité des combos. Mais comment atteindre cet entraînement premièrement sans moyen réel ?

Des fois, l'esprit est disposé à laisser les enfants s'épanouir, mais les poches en disent le contraire, car oui, tout le monde n'avait pas les moyens de se payer une console chez soi. Et si certains n'avaient pas le luxe d'aller jouer chez des amis, ils se recroquevillaient sur ce qui était à leur porté, un 2-0 ou le ndorchi. La solution la plus logique était alors de se rendre dans une salle d'arcade où le temps était littéralement la somme de votre argent.

Qu'en est-il des survivants du grand terrassement.

Les temps difficiles forment des hommes forts... La scène Esport Camerounaise forment des combattants.

Il y'a encore beaucoup à faire pour faire évoluer le Gaming dans notre cher pays et toucher les mentalités encore reculé sur le sujet. Les survivants de l'ère Hitler sont maintenant ces passionnés qui œuvrent pour l'évolution de l'image du gaming dans notre communauté, ceux qui avancent avec les boucliers et les lances contre les défis présents. Travestis de différentes maniérés, les organisateurs de tournoi, les participants, les innovateurs sont tous des acteurs qui portent cette flamme vers de nouveaux sommets. National puis international, le chemin est encore long, mais tout départ a une arrivée.

C'est aussi à ces survivants de tirer les autres, qui n'ont pas eu la chance de baigner dans la lumière des écrans dans les heures tardives de la nuit -et de s'étonner que le soleil les a rattrapé dans le rush de leur jeu d'aventure-, et de leur faire découvrir tout ce que ce monde a encore à offrir.

Mes chers amis Gamers, nous savons tous qu'il n'y a pas de lumière sans obscurité. Et nous le savons aussi tous, ce ne sont pas tous les restaurants qui ont pour pensée première de nourrir les âmes affamées, certains le font pour la rémunération.

Et cette graine particulière touche aussi ce monde que nous aimons tant. Ces êtres particuliers qui n'évoluent pas dans ces sentiers dictés par la passion, mais dans une avidité de reconnaissance et de recherche de sacs sous l'arc-en-ciel. Car le blocus ne vient pas toujours du matériel ou du retard de notre gouvernement sur le sujet, il vient aussi de l'humain, ou plutôt des péchés qui le corrompent.